mise en scène d'Alain de Bock et Katherine Gabelle

Diffusion de spectacles de théâtre : Le Pain de Ménage de Jules Renard par la Compagnie L'Autre Temps

Le pain de ménage de Jules Renard.

"Le Pain de Ménage" de Jules Renard suivi de "Dix ans après" de Constance De Bock

Du 27 février au 20 mars 2016
Les samedis à 20h30 et dimanches à 18h00.

Théâtre Côté Cour
12 rue Edouard Lockroy, 75011 PARIS
01 47 00 43 55 - theatrecotecour@free.fr
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"Le Pain de Ménage" de Jules Renard suivi de "Dix ans après" de Constance De Bock

Du 27 février au 20 mars 2016
Les samedis à 20h30 et dimanches à 18h00.

Théâtre Côté Cour
12 rue Edouard Lockroy, 75011 PARIS 01 47 00 43 55 - theatrecotecour@free.fr


Mise en scène Alain de Bock

"Le pain de ménage" de Jules Renard
suivi de
"Dix ans après" de Constance De Bock

avec Katherine Gabelle  — Alain de Bock

Mise en scène : Alain de Bock

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"Le pain de ménage" de Jules Renard

Un couple marié, Berthe et Pierre, offre dans son chalet, l'hospitalité à un autre couple, Marthe et Alfurl. Pierre supporte difficilement la fide1ité du mariage, et il se laisse aller à une forme de marivaudage amoureux en essayant de séduire Marthe. Elle répond à ce jeu des possibles.
Affichant son désir de libertinage, il avoue, en parlant de sa femme « Après douze ans de ménage, je ne peux pas, moi qui aime tant ça, moi qui suis né exprès pour ça, filer à ses pieds, des phrases d'amour. Ce serait du gaspillage ».

"Dix ans après" de Constance De Bock

Un soir, dans un hôtel de province, dix ans après s'être perdus de vue, Marthe et Pierre se retrouvent face à face. Ils ont changé, vieilli, mais l'attirance qu'ils avaient l'un pour l'autre est demeurée intacte. Marthe fait à Pierre une étrange proposition…

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Plein tarif: 15€ - Tarif réduit : 12€ - Chômeurs : 8€

La pièce

Un couple marié Berthe et Pierre, offre dans leur chalet, l’hospitalité à un autre couple, Marthe et Alfred. Pierre supporte difficilement la fidélité du mariage, et il se laisse aller à une forme de marivaudage amoureux en essayant de séduire Marthe qui l’attire. Elle répond à ce jeu des possibles.

Affichant son désir de libertinage, il avoue, en parlant de sa femme :
« Après douze ans de ménage, je ne peux, moi qui aime tant ça, moi qui suis né exprès pour ça filer, à ses pieds, des mots d’amour. Ce serait du gaspillage ».

Mise en scène

Réflexion du metteur en scène (extrait)

La séduction n’est pas un passe-temps anecdotique, mais devient une profession de foi. Il est mû par un manque, une frustration impossible à combler, le plaisir de séduire.

Cette riche bourgeoisie élitiste reprend à son compte le concept de la noblesse qui refusait le travail considérant qu’il n’a jamais épanoui l’homme et est donc indigne. Cette philosophie de la vie, qui laissait le temps libre, leur permettait d’élever la séduction au niveau d’un art ; c’était pour une certaine noblesse libertine, un jeu subtil entre l’homme et la femme, comme dans les liaisons dangereuses, ou chez Crébillon, qui montrait les codes amoureux dans cette classe sociale à cette époque, et mettait en avant les différences de perception de l’amour chez l’homme et la femme, et donc leurs comportements.

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Réflexion du metteur en scène

La séduction n’est pas un passe-temps anecdotique, mais devient une profession de foi. Il est mû par un manque, une frustration impossible à combler, le plaisir de séduire.

Cette riche bourgeoisie élitiste reprend à son compte le concept de la noblesse qui refusait le travail considérant qu’il n’a jamais épanoui l’homme et est donc indigne. Cette philosophie de la vie, qui laissait le temps libre, leur permettait d’élever la séduction au niveau d’un art ; c’était pour une certaine noblesse libertine, un jeu subtil entre l’homme et la femme, comme dans les liaisons dangereuses, ou chez Crébillon, qui montrait les codes amoureux dans cette classe sociale à cette époque, et mettait en avant les différences de perception de l’amour chez l’homme et la femme, et donc leurs comportements.

Quelques grands bourgeois vont donc imiter la noblesse, et vont s’amuser à cette joute amoureuse qui donne plus de plaisir dans ses prémices que dans sa conclusion physique. L’abandon de l’âme est plus important que celui des corps. Tout l’art de la séduction est dans la qualité du discours, la capacité à dire des compliments.

Le libertinage est plus la capacité de séduire toutes les femmes, et surtout celles qui paraissent inaccessibles ; l’abandon féminin est pour l’homme une victoire à la Pyrrhus. Elle clôt la séduction, et fait fuir le séducteur, comme Don Juan.

Sous l’apparence du respect des règles sociales, c’est évidemment une subversion des codes de la vie, où l’abandon féminin et la relation sexuelle ne peuvent se concevoir que dans une relation amoureuse régie par le mariage. C’est une forme de duplicité quelquefois assumée par les libertins. Pierre, lui, n’assume pas. C’est pourquoi, lorsqu’il perçoit que Marthe est consentante et prête à partir avec lui, il ne peut se résoudre à la suivre, car elle lui demande autre chose que cet abandon furtif d’une soirée.

Elle s’ennuie, et elle est attirée par cet homme, mais ne peut concevoir que l’échange amoureux dans un amour parfait et éternel.

Pour Pierre cette joute amoureuse est un jeu sur le langage soutenu avec une tactique très efficace de séduction : complimenter avec une progression subtile, admirer, se faire admirer, utiliser l’humour, attaquer les points faibles du mari, mais en rééquilibrant par les qualités, se mettre en valeur tout en montrant une certaine lucidité et humilité sur lui-même. Toute l’étude de la psychologie de cette femme lui permet de comprendre ses frustrations et son ennui, et donc profiter de ce seul moment de sa vie où elle est fragilisée, et pourrait dépasser ses codes.

Elle est une « madame Bovary » qui s’ignore, et quand il développe son argumentation amoureuse, en parlant beaucoup de lui-même, ce qui la renvoie à sa propre situation, il lui révèle ce qu’elle est, son désert sentimental… mais elle est plus lucide qu’Emma Bovary, car elle n’a aucune illusion sur ce genre d’aventure amoureuse. La proposition provocante de Marthe de fuir avec lui, paraît lui faire peur, et révèle, à ses yeux, le réel manque d’amour de Pierre, et son incapacité à se mettre en danger puisqu’il ne se libère pas des lois du mariage. S’il avait choisi de partir avec elle, elle aurait cru à un possible amour, et dépasser cet obstacle serait devenu la preuve de son engagement. En revanche, s’il n’avait été marié, elle aurait sans doute considéré l’engagement comme non exemplaire parce que trop facile.

Il est sans aucun doute attiré par cette jolie femme, mais il n’est pas le véritable libertin et n’a pas assez de duplicité et de courage pour entreprendre une telle aventure. Le carcan bourgeois l’enchaîne définitivement. Seuls les dandys oseront dépasser les codes sociaux.

Ce qui est admirable est le jeu subtil de la tentation des deux personnages, qui s’expriment l’un et l’autre par des manœuvres infinies d’attaque, d’invite, de recul. Ils ont de nombreux points communs : une faculté à utiliser brillamment la langue française, et de jouer avec, intelligemment ; ils appartiennent au même monde, et ils s’ennuient à mourir tous les deux dans leurs relations maritales, sans avoir à reprocher quoi que ce soit, à leur conjoint.

Les codes contraignants et étriqués de la bourgeoisie de l’époque montrent toutes leurs fissures. Il y a un vide de leur existence qui est impossible à combler… même par le langage, qui dans sa progression finit par s’épuiser et conduit à une action impossible. Puisqu’ils ont un point de vue différent sur l’amour, Pierre désire que Marthe se plie discrètement à ses propres désirs : il veut bien adorer, mais pas au-delà de huit jours. Cette attitude de domination conduit à cette action avortée. Ils se retrouvent seuls, tragiquement, avec l’inanité de leur vie.

Interprétation

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Katherine Gabelle

portrait de K. Gabelle

Après une Licence de lettres modernes en 1992, Katherine Gabelle s’est principalement formée à l’ADAEP (Grenoble) et au Théâtre du Café de la Gare à Paris. Elle exerce professionnellement en tant que comédienne et metteur en scène depuis plus de quinze ans.

Alain de Bock

portrait de A. de Bock

Diplômé des Beaux Arts de Paris en 1970, Alain de Bock aborde le théâtre aux côtés d’Antoine Vitez, il le suivra pendant 7 ans. Il se forme aux métiers du cinéma au CERIS. À l’issue de cette formation, il travaille comme premier assistant, réalisateur, monteur, coach pendant plus de vingt ans. Il se concentre ensuite à nouveau sur le théâtre en tant que metteur en scène, comédien et pédagogue (maître de conférences à la Sorbonne-Paris III).

Fondateur de l’organisme de formation professionnelle de comédien Studio Théâtre Alain de Bock, il est l’auteur de « L’abécédaire de l’art du comédien » paru aux éditions L’Harmattan.

Représentation

Cette pièce peut-être suivie de "Dix ans après" de Constance De Bock :
Un soir, dans un hôtel de province, dix ans après s'être perdus de vue, Marthe et Pierre se retrouvent face à face. Ils ont changé, vieilli, mais l'attirance qu'ils avaient l'un pour l'autre est demeurée intacte. Marthe fait à Pierre une étrange proposition…

Vous pouvez contacter Alain de Bock au 06 52 60 99 40 pour obtenir la fiche technique détaillée de chaque spectacle ainsi qu'un devis (variable suivant le spectacle, le nombre de représentations ou de spectacles choisis).

Compagnie L'Autre Temps —  Alain de Bock metteur en scène 1 rue Salvador Allende, 92240 Malakoff
Tel : 06 52 60 99 40  —