mise en scène d'Alain de Bock et Katherine Gabelle

Diffusion de spectacles de théâtre : George Dandin de Molière par la Compagnie L'Autre Temps

George Dandin de Molière.

La pièce

Dandin vit le cocuage comme une trahison, d’autant plus insupportable pour lui que l’on peut penser qu’il n’a pas encore pu approcher sa femme. Il se sent floué. Par ailleurs, Angélique, achetée par ce bourgeois sans avoir pu donner son avis sur ce mariage, nous montre sa souffrance. Elle considère que cette situation revient à une forme d’esclavage.

Apparemment tous ces personnages, de leur point de vue, ont raison, et la pièce prend la forme d’une tragédie. Mais fondamentalement, Georges Dandin a commis une erreur, voulant s’allier avec la noblesse, il a renfloué leurs finances, et il a pensé qu’il allait pouvoir s’élever et changer de classe sociale. Par ce biais, il croyait donc gagner sur deux tableaux : s’acheter un titre et une jeune femme. Son avidité, son ambition, sa jalousie, le mettaient dans son tort, c’est ce qui va déclencher le contre-point comique.

Ce texte se présente donc comme une comédie avec des éléments qui peuvent aller jusqu’au farcesque, mais aussi comme un drame avec des éléments tragiques sans pour autant répondre totalement aux critères de la tragi-comédie. Georges Dandin nous émeut, mais nous pouvons le condamner dans son comportement et son action.

Mise en scène

Intentions de mise en scène (extrait)

Il est nécessaire de trouver le juste équilibre entre le comique et le dramatique comme l’a voulu Molière.

Et il faut montrer à quel point cette pièce sous-tend des comportements pervers de domination : Georges Dandin n’a jamais demandé son avis à sa future épouse. Il lui a imposé ce choix avec la complicité des parents qui, pour entretenir leurs biens, ont vendu leur fille.

Toute cette machination qui devient une conjuration est sordide et digne d’un milieu de truands sous des apparences trompeuses de courtoisie.

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Mise en scène par Alain de Bock et Katherine Gabelle

Il est important dans la mise en scène de repérer les différents registres de jeu qui sont étroitement mêlés. À des scènes comiques succèdent des scènes tragiques, et quelquefois les deux genres se superposent.

La comédie repose toujours sur des rebondissements et des retournements ou renversements de situation, comme Georges dandin qui, ayant enfermé sa femme à l’extérieur de la maison, se retrouve à son tour coincé au dehors et devient, selon sa femme, un soulard qui sort la nuit pour s’abreuver.
Elle s’appuie aussi sur des répétitions de quiproquos de personnes : Lubin prend Dandin pour Claudine, Clitandre prend Claudine pour Angélique et Lubin prend Angélique pour Claudine. Lubin prend Dandin pour quelqu’un d’autre que le mari d’Angélique.
Les apartés sont des ressorts comiques puisqu’ils créent une connivence entre le public et le personnage.
La méprise est aussi un élément comique, qui fait que Monsieur de Sottenville n’ayant que des preuves contraires à la vérité demande à Dandin de s’excuser deux fois auprès de Clitandre, et auprès d’Angélique pour ses soi-disantes divagations.
Le comique se nourrit également du parallélisme des situations avec Lubin qui donne trois fois à Dandin des explications sur la tromperie d’Angélique, comme Dandin qui doit d’excuser deux fois sous la pression de Monsieur de Sottenville, et Madame et Monsieur de Sottenville sont obligés d’entendre deux fois Dandin se plaindre de leur fille.

L’intrigue amoureuse des maîtres se double de celle des valets : Angélique prend un amant comme sa servante Claudine prend le valet de Clitandre pour amoureux. Il y a une comédie de mœurs reposant sur la satire sociale puisqu’elle nous montre la maison d’un paysan bourgeois parvenu.
Les éléments farcesques sont aussi nombreux et relèvent de la farce du moyen-âge et de la Commedia dell’Arte, comme les poursuites, les coups de bâton, la duperie et les mauvais tours joués à un personnage. La tromperie qui est le ressort principal de l’intrigue constitue un thème dominant dans la farce et qui a été souvent repris dans le théâtre de boulevard.
Évidemment cette comédie n’est pas une tragédie, car les personnages ne sont pas héroïques et nobles, bien qu’ils subissent des situations tragiques : Angélique vendue à Georges Dandin se refuse à lui, mais va le tromper, Dandin vit une situation dramatique puisqu’il n’a pas eu le privilège d’être un mari à part entière et se retrouve cocu.

On peut remarquer que Dandin et Angélique sont des personnages à tendance dramatique alors que tous les autres sont plutôt comiques. Il y a donc, jusque dans les personnages, un mélange de comédie et de drames, qui provoque respectivement soit le tragique soit le comique avec quelquefois une forme de pathétisme. Le final en est la démonstration, Dandin n’a qu’un vœu pieu de suicide, mais la pièce se termine sans mort et sans résolution heureuse, situation pathétique provoquant souvent le ridicule.

Intentions de mise en scène

Il est nécessaire de trouver le juste équilibre entre le comique et le dramatique comme l’a voulu Molière.
Et il faut montrer à quel point cette pièce sous-tend des comportements pervers de domination : Georges Dandin n’a jamais demandé son avis à sa future épouse. Il lui a imposé ce choix avec la complicité des parents qui, pour entretenir leurs biens, ont vendu leur fille.

Toute cette machination qui devient une conjuration est sordide et digne d’un milieu de truands sous des apparences trompeuses de courtoisie.
Elle nous dévoile la volonté de la bourgeoisie, enrichie, mais écartée du pouvoir et qui pense le mériter, de s’approprier des titres de noblesse. Cette bourgeoisie ne supporte plus les privilèges de la noblesse, et sa philosophie qui consiste à refuser le travail, le considérant comme dégradant. Les petits enfants de Georges Dandin pousseront le peuple français à faire la révolution, un siècle après, pour prendre le pouvoir. Ils mettront en place toutes les fausses valeurs que nous supportons actuellement comme celle de l’épanouissement de l’homme dans le travail et la nécessité de s’enrichir en travaillant plus.
Molière montre là aussi comme dans « Le Bourgeois gentilhomme », la volonté de cette classe de s’élever, mais aussi l’échec de cette prétention superficielle qui s’exhibe dans un « paraître ». Il révèle le manque d’intelligence sous les apparences trompeuses d’un comportement malin. La bêtise de vouloir imiter une classe sociale, celle de vouloir s’approprier les biens et les gens dans une forme de voracité et d’agressivité…

Molière laisse paraître la lâcheté de Georges Dandin. Sa personnalité devient ridicule et est piétinée par ces nobles. Il est le dindon de la farce qu’il a mis lui-même en place : il n’y a pas d’autre solution que la mort, mais il manquera de courage pour l’exécuter. Il faut donc jouer un personnage complexe, à la fois malheureux et en état de souffrance donc humain, et en même temps pervers.

Il y a de la perversité pour ne pas dire du sadisme à imposer à quelqu’un de vivre d’une certaine manière contre son gré. Mais Angélique qui, mariée de force et souffrant de cet homme un peu grossier, est prête à le tromper et qui n’hésite aucunement à mentir chaque fois qu’elle est confondue, révèle une certaine duplicité. Il y a donc pour les deux personnages un double jeu à maîtriser.

Interprétation

... les comédiens... +

Pascal Charrier

portrait de Pascal Charrier

Au cours de sa formation de 4 années au Studio Alain de Bock, Pascal a pu interpréter au travers des pièces qui ont été montées au sein de l'école, des rôles comme celui de Pylade dans Andromaque, ou de Don Juan dans la nuit de Valognes.

On a pu le voir aussi dans des téléfilms comme le Rouge et le Noir d'après Stendhal, dans le film La soif de l'or de Gérard Oury et plus récemment dans Engrenages une série Canal plus.

Clara Besson

portrait de Clara Besson

Depuis 1998, Clara Besson est associée à plusieurs compagnies avec lesquelles elle joue dans différentes pièces classiques et contemporaines, notamment : Le Legs de Marivaux au théâtre Adyar, Le 7ème Kafana de Dimitru Krudu au théâtre de la Jonquière,  Le petit prince de St Exupéry au théâtre du Gymnase, Hamlet de Shakespeare ou La Ronde de Schnitzler et Grand peur et misère du III ème Reich de Brecht au festival d'Avignon. Elle collabore également à des créations comme Une Foi En Corps de Dominique Thiery au théâtre des Songes et Cabaret Surréaliste d’après des textes de Prévert et Desnos au théâtre du Tambour Royal.
Elle se dirige pareillement  vers le cinéma et participe à des univers opposés en interprétant  un personnage anthropophage dans Tu es ceci, court métrage de Faustine De Bock, une jeune femme moderne dans la comédie Irrésistible, court métrage de Gioacchino Campanella ou dans La putain respectueuse de Sartre adapté à l’image par Chris Imberdis.
Pour info, Clara aime éperdument tous les textes de Sarah Kane….

Martin Kretz

portrait de Martin Kretz

Diplômé de l’Ecole supérieure de commerce de commerce Montpellier, Martin Kretz passe 2 ans en Amérique du Sud (Chili/Mexique) avant de commercer à suivre des cours de théâtre amateur à Paris parallèlement à sa carrière dans l’immobilier de luxe.
En 2012, il entre au cours Vincent Müller et joue des sketches de Guy Foissy pour sa première apparition sur scène puis intègre les cours Alain de Bock en 2013 pour une année de formation Caméra et de théâtre où il joue dans 2 pièces de Marivaux (Le Legs et les Acteurs de bonne foi) en Juin et Septembre au Théatre Adyar.

Pascal Bendavid

portrait de Pascal Bendavid

Pascal a suivi diverses formations de comédien depuis de nombreuses années : Véra Gregh – Blanche Salan – Niels Arestrup – Studio Alain de Bock – Training de Jean-Philippe Daguerre au Théâtre des Variétés. Il a joué au théâtre dans différentes pièces, notamment Faut pas payer de Dario Fo au Festival d’Avignon, mise en scène A. de Bock et du même metteur en scène, Le legs de Marivaux au Théâtre Adyar à Paris puis On purge bébé de Georges Feydeau au Théâtre Michel à Paris, mise en scène J.P. Daguerre ainsi que du même metteur en scène Courteline ou l’expérience comique, un montage de scènes de Courteline au Théâtre du Gymnase à Paris. On vient de le voir sur TF1 dans l’avant-dernier épisode de Julie Lescaut, réalisé par René Manzor et au cinéma dans Mea Culpa de Fred Cavayé. Il termine actuellement l’écriture de sa première pièce qu’il mettra en scène fin 2014 à Paris.

Camille Le Jeune

portrait de Camille Le Jeune

Camille a débuté sa vie artistique à Lannion, en Bretagne, dans des troupes de théâtre amateurs. Puis à Brest au conservatoire d'art dramatique, en parallèle des cours d'hypokhâgne et khâgne. En septembre 2010 elle quitte la Bretagne pour Lyon, où elle passe sa licence d'espagnol et prend des cours particuliers en école de théâtre (le Studio de l'Acteraie, la Merci molière). Un an plus tard, septembre 2011, elle intègre la formation intensive au sein du Studio Alain de Bock. Depuis septembre 2013, elle est élève au conservatoire du 6è arrondissement de Paris.
Elle a joué dans Le Concile d'amour d'Oskar Panizza ; Escalade Ordinaire de Werner Schwab ; La nuit de Valognes d'Eric Emmanuel Schmitt ; Un verre de limonade, création personnelle ; Les acteurs de bonne foi et Le legs de Marivaux.

Katherine Gabelle

portrait de K. Gabelle

Après une Licence de lettres modernes en 1992, Katherine Gabelle s’est principalement formée à l’ADAEP (Grenoble) et au Théâtre du Café de la Gare à Paris. Elle exerce professionnellement en tant que comédienne et metteur en scène depuis plus de quinze ans.

Alain de Bock

portrait de A. de Bock

Diplômé des Beaux Arts de Paris en 1970, Alain de Bock aborde le théâtre aux côtés d’Antoine Vitez, il le suivra pendant 7 ans. Il se forme aux métiers du cinéma au CERIS. À l’issue de cette formation, il travaille comme premier assistant, réalisateur, monteur, coach pendant plus de vingt ans. Il se concentre ensuite à nouveau sur le théâtre en tant que metteur en scène, comédien et pédagogue (maître de conférences à la Sorbonne-Paris III).

Fondateur de l’organisme de formation professionnelle de comédien Studio Théâtre Alain de Bock, il est l’auteur de « L’abécédaire de l’art du comédien » paru aux éditions L’Harmattan.

Représentation

compagnie L'autre temps, Pascal Charrier compagnie L'autre temps, Pascal Charrier

Vous pouvez contacter Alain de Bock au 06 52 60 99 40 pour obtenir la fiche technique détaillée de chaque spectacle ainsi qu'un devis (variable suivant le spectacle, le nombre de représentations ou de spectacles choisis).

Compagnie L'Autre Temps —  Alain de Bock metteur en scène 1 rue Salvador Allende, 92240 Malakoff
Tel : 06 52 60 99 40  —